La foi qui guérit
Samedi, août 27th, 2005Bien que les apparences ne plaident pas vraiment en ma faveur, ce n’est pas par simple réflexe conditionné que je signale aujourd’hui la parution de cet ouvrage du psychiatre Harold G. Koenig (Duke University) sur la santé mentale : Faith and Mental Health: Religious Resources for Healing (Templeton Foundation Press, 2005). Le sous-titre concernant la guérison a en effet retenu mon attention car le hasard du programme de PCEM1 de la Faculté de médecine de Lyon 1 m’a chargé en 2005 d’une conférence sur cette notion aussi élémentaire que complexe. A cet égard, la littérature anthropologique est certainement plus riche que la littérature médicale bien plus préoccupée d’efficacité statistique que de guérison individuelle… Car l’exception de quelques textes de référence, il faut bien dire que la plupart des ouvrages portant dans leur titre la notion de guérison n’ont rien de médical. Il s’agit ordinairement de récit (religieux ou profane) individuel de guérison ou de guérison inattendue qui ne manque pas de souligner les limites de la médecine…
L’auteur de l’ouvrage, directeur et fondateur du Duke’s Center for the Study of Religion, Spirituality and Health, est avant tout connu pour avoir exploré les relations positives entre la foi et la santé mais aussi pour soutenir une variante de la foi qui guérit, phénomène initialement formulé dans un article célèbre du neurologue Jean-Martin Charcot (1897) qui entendait étudier scientifiquement les guérisons miraculeuses :
« Les faits que, dans ma pratique spéciale déj longue, j’ai eu l’occasion d’observer ne sont pas isolés, tant sans faut, car la faith-healing et son aboutissant, le miracle, - sans attacher ce mot aucune autre signification que celle d’une guérison opérée en dehors des moyens dont la médecine curative semble disposer d’ordinaire, - répondent une catégorie d’actes qui n’échappent pas l’ordre naturel des choses. Le miracle thérapeutique a son déterminisme, et les lois qui président sa genèse et son évolution commencent être, sur plus d’un point, suffisamment connues pour que le groupe des faits qu’on englobe sous ce vocable se présente avec une allure assez spéciale pour ne pas échapper tout fait notre appréciation. Il y a tout lieu de s’en féliciter, d’ailleurs, puisque par la compréhension plus nette de ces déterminations nous mettons de plus en plus notre disposition les grandes ressources de la faith-healing et que, de ce fait, la maladie nous trouve de moins en moins désarmés devant elle ».