Archive for septembre, 2005

Le problème de la construction sociale des maladies mentales

Lundi, septembre 5th, 2005

Introduction

Dans deux précédents billets (« A votre bon souvenir » et « Comme une traînée de poudre ? »), j’ai volontairement laissé ouvertes des questions qui requièrent un examen autrement plus détaillé. Il s’agit d’hypothèses complexes et critiques, en un sens, imbriquées : la construction sociale des catégories nosographiques (nous avons brièvement entre-aperçu le cas du PTSD) et leur extension de nouvelles régions de l’existence (d’où la thèse de la psychiatrisation et de ses variantes comme la diffusion rapide de la psychanalyse, etc.).

Si l’on procède avec méthode, il est nécessaire d’interroger et d’évaluer dans le détail des études empiriques la prétention de ces formulations (et de leur version forte et faible) somme toute assez courante en sciences sociales et plus particulièrement en sociologie et anthropologie de la santé. Cet examen ne peut donc faire l’économie d’un cheminement qui apparaîtra certains long et tortueux entraînant l’écriture de nombreux billets. Mais l’objectif est de clarifier l’ensemble de la problématique et peut-être d’y apporter une contribution…

Dans la préface l’édition de sa bibliographie commentée et consacrée la sociologie de la maladie mentale, Richard K. Thomas (1989 : xv) ne manquait pas de faire remarquer les enjeux de cette problématique : « The controversial aspects of mental illness and mental health care are certainly reflected in the sociological literature. It would be hard to find more heated debates within medical sociology (perhaps even in all of sociology) than those centering on the existence and nature of mental illness, the appropriateness of diagnostic and treatment modalities, the etiology of mental disorder, and competing theoretical perspectives on the phenomenon. These issues have given the sociology of mental illness a liveliness generally absent in other areas of scholarship.».

Plan

Comme le chemin ne peut être totalement anticipé l’avance, je risque de remanier de nombreuses reprises le plan que je propose ici. Mais, pour éviter de me perdre ou de perdre le lecteur dans les méandres de ma pensée chaque billet ne manquera pas de préciser un lien vers cette cartographie de base en spécifiant la dernière date de modification. Je débute par le premier problème laissant pour plus tard la nature du lien qui le relie au second. Dans un premier temps, je vais simplement m’appuyer sur les travaux de Ian Hacking et les références bibliographiques qu’il emploie pour le problème de la construction sociale des maladies mentales.

I. La construction sociale des catégories nosographiques

I.I. Position du problème
I.I.I. La construction sociale de quoi ? (Ian Hacking)
I.I.II. Les limites de la construction sociale (Bernard Lahire)
I.I.III. Critiques du DSM et fabrication des maladies mentales
I.I.IV. Perspectives

I.II.I. Les catégories nosographiques
I.II.II. Le constructivisme en sociologie de la santé
I.II.III. Labelling theory et contrôle social de la déviance (Thomas Sheff)
I.II.IV. Culturalisme et Culture bound syndrome
I.II.V. Analyse de cas : schizophrénie, autisme, dépression, anorexie
I.II.VI. Perspectives

Référence

Richard K. Thomas, The sociology of mental illness : an annotated bibliography, New York : Garland Pub, 1989, 129 pages (Garland library of sociology, vol. 15)