Manifester sa santé mentale

novembre 3rd, 2005

Goffman Dans un ouvrage paru récemment aux Editions de la Découverte sur la sociologie de Erving Goffman, Jean Nizet et Nathalie Rigaux consacrent un chapitre sur « le non-respect des règles et la question de la folie » (49-61).

Outre les nombreux outils analytiques qu’il a développés, l’apport de Goffman la sociologie de la santé mentale est double titre déterminant :

(i). Dans une perspective originale de sociologie de la déviance : Goffman renvoie en effet dos dos la version sociologiste et psychiatrique de la maladie mentale. La folie n’est pas une simple étiquette ou un mythe indiquant une réaction sociale la déviance ; ni un dysfonctionnement mental. En tant que non-respect des règles sociales, la folie « ravage » l’ordre social, elle devient une « pathologie de l’interaction ». Goffman en déduit également les règles suivies pour « manifester sa santé mentale » dans chaque interaction…

(ii). Dans une perspective classique de sociologie des organisations : on songe immédiatement Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, ouvrage bien difficile présenter tant sa renommée est grande. Goffman pose la notion d’« institution totale » pour rendre compte de l’organisation de l’hôpital psychiatrique (de son époque, 1961) et de la production de l’identité de reclus (vs la destruction des identités antérieures)…

Au cœur de cette pensée toujours aussi heuristique aujourd’hui, le problème du self, ou comment s’en débarrasser… A cet égard, je renvoie au texte d’Albert Ogien, librement accessible sur le site du CESAMES.

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