L’anti-livre noir de la psychanalyse

février 13th, 2006

Le 2 Février dernier j’ai proposé une courte communication sur «Les enjeux du livre noir de la psychanalyse» (Soirée Conférences-Débats, Fédération des Ateliers de Psychanalyse) en faisant état de la chronologie (29 Aout 2005- 5 janvier 2006) et de la logique des échanges de ce débat public (les registres de valorisation et ses enjeux).

livre noir

Le débat risque d’être relancé (et ma petite étude) par l’annonce de la publication le premier mars prochain de L’anti-livre noir de la psychanalyse dirigé par l’un des “représentants” ou “porte-parole” de la psychanalyse en France, “représentation” qui est d’ailleurs en coulisse contestée par de nombreux “lacaniens” silencieux lorsque ce n’est pas André Green (SPP) lui même qui “dénonce la place accordée aux disciples de Jacques Lacan dans les débats actuels” en récusant l’existence d’une “psychanalyse française” : un “mythe” (”Un mythe: la psychanalyse française“, Le Monde 2, 6 janvier 2006).

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7 Responses to “L’anti-livre noir de la psychanalyse”

  1. SETIM Says:

    Ce qui m’a paru le plus regrettable dans cette affaire, ce n’est pas temps la remise en cause des présupposés de la psychanalyse, que la légitimation des thérapies cognitives, présentées comme le contre exemple. Comme l’a bcp dit Roudinesco, ce sont des sortes de naturalisations de la norme sociale. Le traitement cognitiviste n’est qu’un appel la conformité.

  2. Samuel Lézé Says:

    Deux petits commentaires :

    1. Les TCC n’ont pas besoin du livre noir pour s’imposer. C’est déj le cas au CNRS, dans de nombreux départements de psychologie clinique et certaines institutions psychiatriques. Mais, en effet, l’un des enjeux du livre noir, en s’invitant sur la scène médiatique, est d’altérer la légimité culturelle de la psychanalyse en revendiquant un registre de valeurs supérieurs (efficacité et bien du patient, scientificité et validité d’une théorie, faits, honnêteté intellectuelle, dialogue démocratique, clarté et transparence, etc)…

    2. une question difficile : les TCC sont-elles des disciplines ou des dispositifs de normalisation ? et plus largement les psychothérapies ? et pourquoi pas la psychanalyse par nature subversive ? le dernier ouvrage de Michel Tort (psychanalyste), la fin du dogme paternelle, est une critique du conformisme psychanalytique (famillialisme et ordre symbolique)…

  3. Samuel Lézé Says:

    Courrier international - 15 nov. 2005
    Chronique
    PSYCHOLOGIE - Un “Livre noir” critique et… critiqué

    Paru en septembre dans l’Hexagone, Le Livre noir de la psychanalyse(éd. Les Arènes) – sous-titré Vivre, penser et aller mieux sans Freud – a fait son apparition dans les librairies helvétiques. Et même si l’ouvrage se vend fort bien, le “caractère passionnel qui colore l’ensemble du débat français ne trouve pas d’équivalent en Suisse”, constate Le Temps. Au demeurant, le journal rappelle que les “Suisses, avec les Français et les Argentins figurent parmi les plus gros consommateurs de psychothérapies diverses”. Cependant, un modus vivendi s’est fait entre les différents courants ; ainsi, l’Institut universitaire de psychothérapie regroupe les tenants de la méthode psychanalytique (freudienne), des thérapies systémiques (centrées sur la famille) et des thérapies cognitivo-comportementales (les TCC) “dans un climat de collaboration fructueuse”.

    Le Livre noir, dénoncé, entre autres, par Elisabeth Roudinesco, l’historienne de la psychanalyse, comme étant un “livre d’éditeur” dans un commentaire apportant la contradiction et figurant sur le site Œdipe*, a été effectivement conçu par l’éditrice Catherine Meyer qui s’est entourée principalement de trois collaborateurs : Mikkel Borch-Jacobsen, Jean Cottraux et Jacques Van Rillaer. Le deuxième cité, psychiatre défenseur des TCC “convient volontiers de la violence du ton qui caractérise nombre des chapitres”, remarque Le Temps. “Bilan d’un siècle de freudisme, Le Livre noir s’annonce comme une machine de guerre dirigée contre le camp retranché des psychanalystes, lesquels s’arrogent un monopole qu’il s’agit de leur arracher.”

    Les premières parties, “La face cachée de l’histoire freudienne” et “Pourquoi la psychanalyse a eu tant de succès”, “sont des résumés de livres déjà publiés en anglais, en allemand ou en français et donc parfaitement connus des spécialistes de l’historiographie freudienne”, prévient, de son côté, Elisabeth Roudinesco. Ces textes relèvent “les contradictions, les silences, les manipulations de cas dont Freud se serait rendu coupable”, note quant à lui le journal suisse. Il s’agit là de “conclure à l’échec du projet thérapeutique déclaré du fondateur de la méthode : théorie et pratique ne convergent pas ; la psychanalyse est impuissante à guérir. Or, le sachant, Freud, en premier, et les psychanalystes, Lacan en tête, auraient retourné cet aveu en titre de gloire.”

    L’immense succès de la psychanalyse “serait dû à sa méthode d’écoute plus humaine que les traitements psychiatriques d’autrefois. Il serait aussi l’effet de son efficacité institutionnelle.” Et surtout, selon le philosophe Borch-Jacobsen, de son caractère de “théorie vide” : “l’analyste peut faire dire à l’inconscient ce qu’il veut. Le système freudien dispose d’une explication pour tout et propose une clé de décodage universelle.”

    Le psychiatre Jean Cottraux, adepte des TCC, raconte “la montée de l’influence lacanienne après Mai 68, celle de Françoise Dolto, et comment s’est constitué le bastion tenu par la psychanalyse au détriment des ‘psychothérapies efficaces’.” Il apporte comme preuve l’affaire du rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), en 2004, qui “concluait à la faible efficacité des traitements psychanalytiques”. “L’establishment analytique s’indigne, dénonce des manipulations dues aux comportementalistes. Le rapport est retiré sur décision du ministre de la Santé” (Douste-Blazy). Au final, les comportementalistes crient à la censure, note Le Temps.

    Dans la troisième partie, “La psychanalyse et ses impasses”, un reconverti de la psychanalyse, “le psychologue Van Rillaer, se charge de la ‘déconstruction’”. Il remet en question “la prétention à soigner l’âme en profondeur qui distinguerait la psychanalyse des thérapies concurrentes, dénonce le jargon de ‘cuisine’, désormais utilisé consensuellement. Enfin, dans la quatrième partie, sont rassemblées “des histoires de victimes” de la psychanalyse, parmi lesquelles Anna Freud, Marilyn Monroe et… tous les enfants de France. Car “Françoise Dolto serait responsable de la crise de la famille occidentale, commente d’une plume acerbe, Elisabeth Roudinesco. Elle aurait rendu tyranniques et impossibles à éduquer la totalité des enfants d’aujourd’hui. Ses héritiers – Caroline Eliachef, Claude Halmos, Marcel Ruffo, etc. – ne seraient que les complices médiatiques de ce grand ratage éducatif.”

    En Suisse, “le climat autour de Freud, de ses disciples, descendants et détracteurs est nettement plus paisible”, souligne Le Temps. “L’état des rapports de pouvoir explique pour une bonne part l’intensité des rivalités françaises.” Le journal genevois laisse la parole à Anne Bourquin, psychothérapeute cognitivo-comportementale, qui regrette que “ceux qui s’en prennent à Freud et à la psychanalyse cherchent leur légitimité dans l’efficacité plutôt que dans la pensée.” D’avoir suivi une analyse l’a aidée à “ouvrir le champ de son regard”, affirme-t-elle. De plus, elle constate que “la méthode cognitivo-comportementale, adaptée à des troubles spécifiques, ne suffit pas lorsqu’il s’agit de troubles de la personnalité”.

    * Œdipe, le portail de la psychanalyse francophone. On peut y lire le commentaire d’Elisabeth Roudinesco sur Le Livre noir… Par ailleurs, l’historienne de la psychanalyse vient de publier : Philosophes dans la tourmente (Fayard, novembre 2005).
    Elisabeth Berthou

  4. Eliane Marcato Says:

    Bonjour à tous,

    A l’heure ou la science a fait énormement de progrès grâce à la recherche sur le fonctionnement du cerveau humain, et toutes les techniques Irm, bio-génétiques, le traitement de la maladie mentale a changé le sort de beaucoup de malades ! Et celà vous ne pouvez l’ignorer !! Sinon vous êtes de” mauvaise foi ” ! Dolto F a dit beaucoup de “bêtises” à l’époque ou la Science n”avait pas fait tant de “découvertes” ! Rendre les parents responsables de l’autisme de leurs enfants, les culpabiliser et les “coopter” pour des “sois-disant soins par la psychanalyse dans le but de restaurer le schéma “normal” de la famillle a été une vaste fumisterie qui a côuté cher a la Sécu et a créer des “dommages collatéraux” aux dites familles qui témoignent maintenant dans diverses associations ! A époque on “idéalisait le psy il était le dernier recours face à l’inconnu de cette maladie ! Mais il faut le reconnâitre celà trainait en longueur et la maladie grandissait avec l’enfant ! Les parents “infantilisés” par les psy n’avait plus de libre arbitre et certains ont mis longtemps à se défaire de “l’emprise” quasi sectaire des psys pour s’appercevoir qu’il avaient été “bien eu” et se sont tournés vers la nouvelle psychiatrie qui ont donnés d’autres interprétations plus biologiques ce qui a “libéré” les parents de leurs culpabilité et ouvert de nouvelles perspectives pour leurs enfants même si le manque de structures hypothèque grâvemment l’avenir des enfants malades !!

    Quand vous ne “reconnaissaient pas vos torts” a travers les prétendues études de Freud et consorts ne vous rendrons pas plus “crédible” face à la Société ! Si vous ne voulez vous remettre en question quitte a revoir votre façon de soigner (certains -honnêtes-l’on fait !) c’est que l’argent dans l’affaire tient une place plus importante que prévue ainsi que tout l’édifice Freudien ou Lacanien qui pourrâit s’effondrer comme un château de cartes !!

    Bien à vous,

    Marcato

  5. kolwi Says:

    Les théories freudiennes sont reprises par Bruno Bettelheim dans sa “Psychanalyse des contes de fées”. A ce sujet, vous pouvez consulter mon blog sur l’interprétation des symboles dans les rêves et les contes de fées : www.kolwi.com/blog

    Bonne continuation,

    Chloë

  6. Stéphane Says:

    le livre de Bettelheim cité plus haut est un plagiat d’un livre de Julius Heuscher.

  7. Samuel Lézé Says:

    Il s’agit en effet de cet ouvrage du psychiatre Julius E. Heuscher peu cité lorsqu’on évoque l’affaire du plagiat d’un passage (c’est bien de le préciser aussi) de Bruno Bettelheim:

    A Psychiatric Study of Myths and Fairy Tales; Their Origin, Meaning, and Usefulness, Charles C Thomas Pub Ltd; 2 edition (June 1974)

    Mais c’est également intéressant de rappeler la réaction de Julius E. Heuscher :

    ” Bruno Bettelheim was a very busy gentleman, I assume, and he had, probably, some people collect material for him when he wrote. And probably somebody collected this, and he was not even aware that he was taking it from somewhere…. I’m sure it was not done deliberately, and I think it’s ridiculous to make a thing about this.

    When the issue was first raised, Heuscher had said, “We all plagiarize…. I am only happy that I would have influenced Bruno Bettelheim.”

    in: Robert Gottlieb [”The Strange Case of Dr. B.,” NYR, February 27 2003] http://www.nybooks.com/articles/16083

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