Atlas de la santé mentale : le cas de la france
Mercredi, avril 25th, 2007Que dit de la France l’Atlas de la santé mentale (en ligne, informations de 2005) ?
Cet outil de l’OMS permet aux chercheurs de trouver et d’afficher des données mondiales, régionales et nationales afin d’établir des comparaisons entre les pays et les régions et de préparer des tableaux, des figures et des cartes à télécharger.
Mais ce qui m’intéresse ici c’est le profil des pays et les critères de comparaison de “ce qui est ou nous disponible” car l’objectif est de découvrir les pays qui manquent encore d’une politique de santé mentale cohérente ou assez puissante pour s’imposer comme une priorité de santé publique.
L’information disponible s’organise en catégories. En Généralités voici un passage qui évoque les “groupes ethniques”… :
The main language(s) used in the country is (are) French. The largest ethnie group(s) is (are) Celtic, Latin and Teutonic., and the other ethnie group(s) are (is) Slavic, North African and Southeast Asian. The largest religious group(s) is (are) Roman Catholic.
Le pays possède assez de données épidémiologiques sur les maladies mentales (mais le DSM IV n’est pas dominant). Et il existe une politique de santé mentale depuis 1960 et un programme national depuis 1985 (notamment contre le suicide et la dépression, l’impact des disaster et contre les stigmates de la maladie mentale) pour une dépense de 8% du budget total consacré à la santé:
The components of the policy are advocacy, promotion, prévention, treatment and rehabilitation. Détails can be obtained from thé circulars of 1960, 1990 and 1992.
Concernant les soins en santé mentale, il est précisé que :
Much of mental health care including psychotherapy of long duration is financed by social security System. Patients have free access to private or public mental health professionals of their choice. The cost of private treatment is partly financed by the social securitv system (fully for severe mentally ill and severely deprived patients) and partly through private Insurance. However, psychotherapy by psychologists and many psychoanalysts working in the private sector are not financed by social security.
Les chiffres sur les professions donnent une idée de la répartition pratique privée/publique. Le rôle des organisations représentatives de santé mentale (famille, usagers et ex-patients) est également inclus dans ce résumé.
Dans un collectif de 1993(International Handbook on Mental health Policy), Donna R. Kemp avait réunie les informations de 20 pays, dont le Chili, La Zambie, Pakistan, Roumanie ou le Ghana… Mais la France, rien. Qui plus est, l’aspect descriptif des données donnait à voir (outre le manque de données complètes et comparables) le manque de théorie concernant la comparaison internationale des politiques de santé mentale… Pour ce faire, il est à la fois nécessaire de sortir d’une surdétermination psychiatrique posant comme évident l’étude des “maladies mentales” ou des “institutions psychiatriques”, et de s’intéresser aux nouvelles configurations des pouvoirs dans le champ de la santé mentale. En s’émancipant de ces évidences, la sociologie de la santé mentale peut enfin se désenclaver et contribuer plus largement à la sociologie politique (Lézé, 2007).