Les rondes de Saint Antoine. Culte, affliction et possession en Inde du sud

mai 1st, 2007

Un ouvrage de Brigitte Sébastia (Aux lieux d’être, coll. “Sciences contemporaines”, 2007, 350 p., 30€)

Brigitte SébastiaEn Inde, la psychiatrie ne jouit pas d’une bonne image, et ce, malgré les réformes pour l’acclimater à la situation et à la sensibilité indienne. Si le recours à la psychiatrie est loin d’être négligeable, les déficiences qu’elle présente ne favorisent ni la confiance, ni l’appréhension des désordres psychiques. Ceci laisse une large place à la thérapie religieuse dans laquelle les patients et leurs familles placent leurs derniers espoirs de guérison lors de troubles perçus comme d’origine surnaturelle. Brigitte Sébastia a enquêté dans un sanctuaire catholique dédié à saint Antoine de Padoue, vénéré pour ses pouvoirs thaumaturge et exorciste, où se déroulent d’impressionnantes scènes de possession. À travers une étude très précise, l’auteur explore des problématiques de la société indienne, comme la place du catholicisme et son acclimatation à l’hindouisme, les systèmes thérapeutiques disponibles dans ce pays, les représentations de la maladie mentale et l’impact du contexte social et familial dans l’émergence des troubles psychiques.

One Response to “Les rondes de Saint Antoine. Culte, affliction et possession en Inde du sud”

  1. murcia Says:

    Bonjour,

    Je pense à ce que dit Foucault. Que le fou clinique, celui du psychiatre, apparaît à un certain moment dans l’histoire de la folie, avec la disponibilité subite de lieux autrefois consacrés à la lèpre. Et surtout plus généralement, Foucault ne traite pas la folie comme une essence existant en soi, mais des “lieux” où le fou devient “visible”, et des “discours” par lesquelles s’énonce “la folie”. D’ailleurs, je songe qu’auparavant, c’est à dire dans les sociétés à système religieux, seul était chassé, répudié, l’individu identifié comme source de pathologie, de désordre, etc… Je songe au travail de René Girard. Saint Antoine, n’est pas un hasard ici, dans la perpective du fou ou du persécuté comme dépositaire du sens perdu (voir la case manquante de la structure).

Leave a Reply