Séance 4 : « Architecture et espace de soins : Pe(a)nser l’espace de soins »
le 16 octobre 2008 de 13h30 à 16h
Université Diderot - Paris 7- Salle 476 F
Esplanade des Grands Moulins
Halle aux Farines - 75013 PARIS - Métro Bibliothèque Mitterrand
Intervenants : Christian de Montlibert, sociologue, Professeur émérite à l’Université Marc Bloch (Strasbourg) et Matthieu Elgard, doctorant en philosophie politique au centre Raymond Aron (EHESS).
Discutant : Jean-Pierre Martin, psychiatre (sous réserve)
Séance 5 : « Quand le territoire s’invite dans les politiques de santé, quand la santé s’invite dans les politiques locales »
le 16 octobre 2008 de 17h à 19h30
Université Diderot - Paris 7- Salle 476 F
Esplanade des Grands Moulins
Halle aux Farines - 75013 PARIS - Métro Bibliothèque Mitterrand
Intervenants : Emmanuel Vigneron, géographe, Université Montpellier III, Conseiller scientifique à la Nouvelle Fabrique des Territoires et Béatrice Deries, sociologue, MODYS, Université Lyon II.
Discutant : Serge Kannas, psychiatre, Mission nationale d’appui en santé mentale
Le groupe de recherche « Ville et santé mentale » réunit de jeunes chercheurs en sciences sociales (sociologie, histoire, science politique, géographie) pour construire des cadres communs d’analyse et de problématisation des liens entre ville et santé mentale. Comment la souffrance psychique se manifeste-t-elle dans la cité ? Comment la folie et sa prise en charge s’inscrivent-elles dans les espaces urbains ? Quels sont les effets des formes d’urbanisation sur la santé mentale ? Quel rapport à la ville la psychiatrie de secteur a-t-elle développé, au regard de ses ambitions d’ouverture de l’asile? Nous souhaitons saisir les notions de « ville » et « santé mentale » dans les relations qu’elles entretiennent, plutôt que comme des objets d’étude distincts. Il s’agit de considérer, tant les discours et théories qui associent ville et santé mentale, que les rapports pratiques entre psychiatrie et ville, tels qu’ils furent ou sont déployés concrètement.
L’exploration du croisement entre les deux thématiques « Ville » et « Santé mentale » repose sur une approche à la fois pluridisciplinaire et comparative. Le séminaire est ouvert à la communauté scientifique ainsi qu’aux mondes professionnels, dont les travaux et expériences contribuent à enrichir le débat (sociologues, historiens, géographes, architectes, urbanistes, psychiatres, psychologues, politiques, etc). Ce séminaire mis en place par le Pôle Science de la Ville de l’université Paris 7, a reçu l’appui de la Délégation Interministérielle à la Ville et du Groupe de Recherche en Epistémologie Politique et Historique (GREPH- LEPS-Université Lyon 1).
Les séances se déroulent d’avril à décembre 2008 et sont organisées en trois phases :
Phase 1: “Politiques de santé et mutations de la ville ” - La psychiatrie et l’urbanisme comme sciences appliquées de la moitié du XIXème siècle au début du XXIème siècle
Séance du 8 avril 2008 « De l’aliénisme et de l’hygiénisme : l’asile, le dispensaire, et l’habitat insalubre »
Séance du 13 mai 2008 « De la planification urbaine et de la sectorisation psychiatrique : le grand ensemble, la communauté, et le logement isolé »
Phase 2: “Puissance et impuissance du territoire”
Séance du 3 juin 2008 « La psychiatrie et la gestion de l’espace urbain »
Séance du 16 octobre 2008 « Architecture et espace de soins : pe(a)nser l’espace de soins »
Séance du 16 octobre 2008 : « Quand le territoire s’invite dans les politiques de santé, quand la santé s’invite dans les politiques locales »
Phase 3: “Troubles dans la ville et recours à la psychiatrie”
Séance du 18 novembre 2008 « La ville et ses troubles : la part de la santé mentale »
Séance du 9 décembre 2008 « Pratiques et représentations de l’espace urbain par les usagers des services de santé mentale »
Séance 4 : « Architecture et espace de soins : pe(a)nser l’espace de soins »
16 octobre 2008 / 13h30-16h
Le 3 juin dernier, la séance 3 qui a débuté le cycle « Puissance et impuissance du territoire », a permis une première approche des relations entre psychiatrie et espace public, à travers l’analyse du travail des équipes mobiles de psychiatrie et leur intervention dans l’espace public, et les modifications récentes de la « publicité » de l’espace urbain et de sa gestion.
La séance 4 s’interroge sur l’architecture des espaces de soins et l’organisation de l’espace dans la définition du milieu de vie entre milieu ordinaire et milieu protégé. L’accent sera mis sur le rôle des représentations sociales dans la structuration de l’action d’organisation de l’espace psychiatrique. La fin de la période asilaire et le développement de la politique de secteur a conduit à une revalorisation du milieu de vie ordinaire, mais a éclipsé la réflexion sur le rôle de l’organisation de l’espace dans la définition du milieu. L’histoire urbaine et architecturale des asiles montre que l’organisation spatiale des asiles ne se réduit pas à leur séparation physique, matérialisée par la distance et le mur, avec l’espace urbain. L’hypothèse peut en effet être faite que l’architecture intérieure des asiles a évolué en cherchant à introduire « l’ordinaire » dans un milieu protégé. Inversement, il semble aujourd’hui qu’une réflexion sur le rôle protecteur de l’espace en milieu ordinaire se développe. De nombreuses initiatives ont cours, de la maison-relais au domicile protégé, de l’appartement thérapeutique à la maison supervisée, qui visent à protéger les résidents de leur vulnérabilité. Cette thématique ouvre ainsi un questionnement non seulement sur le rôle de l’organisation spatiale et architecturale des lieux de vie, mais aussi sur l’adaptation de cette organisation à des pathologies particulières. Ces lieux protégés en milieux ordinaires semblent en effet s’être développés aussi bien pour des personnes atteintes de maladies physiologiques (sida, hépatite) que de maladies non physiologiques (Alzheimer, maladies mentales).
Séance 5 : « Quand le territoire s’invite dans les politiques de santé, quand la santé s’invite dans les politiques locales »
16 octobre 2008 / 17h-19h30
La séance 5, à travers l’analyse de la territorialisation des politiques sanitaires ( notamment de santé mentale) et des ateliers santé ville, cherche à explorer l’état et l’évolution des liens entre territoire politique et santé. Depuis une quinzaine d’années, les politiques de santé sont marquées par un mouvement fort de territorialisation. Depuis 1996 plus particulièrement, les pouvoirs publics ont fait le choix de décliner les politiques nationales de santé publique en tenant compte de disparités régionales. Cette étape marque la reconnaissance par l’État des fortes disparités entre les territoires et dans la continuité de cette reconnaissance, l’inversion de la logique de la planification en matière de santé, qui doit se fonder avant tout sur un effort d’appréhension des besoins de la population. L’ordonnance de simplification de l’organisation et du fonctionnement du système de santé, supprimant la dimension géographique du secteur psychiatrique pour la remplacer par l’approche plus globale en territoires de santé, va plus loin en prônant des « projets médicaux de territoire » et des objectifs quantifiés d’offre de soins par territoire. La santé publique est toujours considérée comme relevant de la compétence de l’Etat mais les collectivités locales sont sollicitées pour la mise en œuvre et la réussite des programmes. Au niveau municipal, la santé ne constitue pas un champ de compétence principal; une exception semble toutefois contrarier ce principe, dans les zones dites « politique de la ville » dans lesquelles le contrat de ville s’est doté d’un volet santé. Les conceptions « communautaires » de la santé, telles qu’elles se sont développées dans le champ de la psychiatrie et de la santé mentale (principalement en contexte anglo-saxon), ou encore en lien avec la politique de la ville (on pense notamment aux ateliers santé-ville) semblent en effet poser un lien d’expressivité entre espace et santé : l’espace exprimerait aussi bien les symptômes que les ressources de ses résidents ; la santé des habitants exprimerait autant les dysfonctionnements que les cohérences de leur espace de vie. Cette orientation « communautaire » du mouvement de territorialisation sera ainsi plus particulièrement interrogée. Nous verrons que cette articulation intime entre « ville et santé » s’est déployée initialement non pas à partir des institutions publiques traditionnelles mais avec l’émergence de nouveaux acteurs dont l’intervention se situe souvent au croisement du professionnalisme et du militantisme. Nous nous interrogerons notamment sur le rôle de l’intervention des sociologues dans cette appréhension interdépendante des problèmes urbains et des problèmes de santé. Par ailleurs, les usages de la santé dans d’autres mouvements de territorialisation (sectorisation, décentralisation) seront également interrogés.
Pour tout renseignement supplémentaire : ville.sante.mentale@gmail.com
Le comité d’organisation
Magali Coldefy (IRDES et UMR Géographie-Cités Université Paris 1),
Benoît Eyraud (CEMS- EHESS),
Aurélia Michel (Pôle Sciences de la ville- Université Diderot - Paris 7),
Delphine Moreau (GSPM - EHESS),
Pauline Rhenter (GREPH- LEPS- Université Lyon 1).
Livia Velpry (CESAMES, Université Paris5-INSERM-CNRS)