3-5 juin 2010 : Towards a history and epistemology of psychiatric epidemiology, Paris
mai 30th, 2010La construction de l’épidémiologie psychiatrique : Histoire et épistémologie d’une discipline internationale
Université Paris Descartes
Foyer des professeurs, Faculté de Médecine (3 et 4 juin)
12, rue de l’École de médecine
Salle Leduc, 45 rue des Saints Pères (5 juin)
75006, Paris, France
3, 4 et 5 juin 2010
Premier d’une série prévue de trois colloques internationaux, ce colloque rassemblera un groupe de chercheurs intéressés dans l’histoire et l’étude épistémologique de l’épidémiologie psychiatrique, cette discipline relativement jeune construite au carrefour de la recherche psychiatrique, des campagnes de prévention pour la santé mentale, et des autres spécialités de l’épidémiologie. Malgré les quelques développements que les épidémiologistes de la psychiatrie ont pu en donner d’eux-mêmes, l’histoire de l’épidémiologie psychiatrique reste en grande partie à faire, ses objets d’étude ainsi que de ses méthodes d’investigation n’ayant jusqu’à présent fait l’objet d’aucune étude approfondie et systématique. De nombreuses lignes conductrices guident ce projet. Sur le plan philosophique, il s’agit de comprendre ce moment particulier où le « mental » est devenu en tant que tel un problème pour l’épidémiologie. Comment l’épidémiologie s’est-elle confrontée à l’évolution des conceptions relatives au « mental », à la « maladie », au « trouble pathologique » ou encore à la « santé mentale » ? Pour les sociologues, il s’agit de saisir la variété des usages sociaux de l’épidémiologie psychiatrique suivant les pays et les époques. D’un point de vue historique, il s’agit de mettre en lumière les rapports existants entre les relevés de statistiques hospitalières au 19ème siècle avec, en autres, l’urbanisation, la question raciale, la répartition en classes sociales, la gestion des populations dépendantes, l’eugénisme, etc. Les comparaisons internationales devraient en outre nous permettre de mettre en évidence les différentes tendances, très discutées, vers lesquelles l’épidémiologie psychiatrique s’oriente aujourd’hui, comme l’épidémiologie translationnelle avec les neurosciences et la génétique ou encore l’épidémiologie « globalisée » américaine mise en place afin de fournir une estimation du poids global des troubles mentaux, de la santé mentale et des inégalités sociales dans la population.
Ce premier colloque entend stimuler le dialogue et la réflexion entre historiens, anthropologues, sociologues, chercheurs en sciences sociales, psychiatres et épidémiologistes, en vue d’établir la meilleure stratégie d’analyse pour aborder l’histoire de l’épidémiologie psychiatrique. La première journée est consacrée à l’étude du rapport qu’ont entretenu les psychiatres à l’épidémiologie, en France et aux États-Unis, ainsi qu’à l’histoire que les psychiatres épidémiologistes ont proposée eux-mêmes de leur discipline. La deuxième journée porte sur les enjeux théoriques et méthodologiques qui ont permis le développement de l’épidémiologie psychiatrique, comme le développement des outils statistiques, de la psychométrie, de la nosologie, de la recherche et du design des modèles théoriques. Il s’agira également d’aborder le problème de la démarcation de l’épidémiologie psychiatrique en tant que discipline spécifique. La matinée de la troisième journée enfin est dévolue à la synthèse des travaux proposés et de leurs commentaires, ainsi qu’à la préparation du colloque prévu en 2011.
Le colloque suivant, prévu en 2011, aura pour but d’étendre la réflexion en tenant compte d’autres expériences nationales que les expériences française et américaine, en vue d’examiner le rapport entre l’épidémiologie psychiatrique et d’autres types d’épidémiologie, comme la conception récente centrée sur les facteurs de risque ou encore l’éco-épidémiologie. Un troisième et dernier colloque, prévu en 2012, cherchera à comparer les développements de l’épidémiologie aux époques coloniales, post-coloniales, et à l’époque de la globalisation.
La langue principale du colloque est l’anglais, mais des traductions seront effectuées en français dans la mesure du possible. Ce colloque est gratuit, mais les inscriptions sont obligatoires. Pour vous inscrire, merci d’envoyer un mail à demazeux at gmail.com en rappelant le titre du colloque dans l’intitulé du message, et en précisant votre nom et votre affiliation institutionnelle dans le corps du message.
Comité scientifique : Anne Lovell (INSERM/CeRMeS3-CESAMES), Gerald Oppenheimer (CUNY et Mailman School for Public Health, Columbia University), Dana March (National Institute on Mental Health et Mailman School of Public Health, Columbia University)
Avec l’assistance de : Steeves Demazeux (IHPST, Paris 1)